Histoire de La Beline

Amateurisme le plus pur

Belins  (béliers en français d’aujourd’hui) était le sobriquet donné jadis aux habitants de la commune de Gorgier, en raison sans doute de leur caractère bien trempé. Lors de la fête des Cerises organisée à Chez- le- Bart en juin 1986 par le chœur d’hommes L’Helvétienne, quelques-uns d’entre eux se sont lancé un défi : monter une pièce de théâtre pour agrémenter la soirée 1987 de cette société. Aussitôt dit, aussitôt fait. Une comédie a été choisie, sept acteurs ont été recrutés parmi les autorités et le personnel communal, une amie les a conseillés pour la mise en scène, des décors déjà existants ont été empruntés et la troupe a choisi son nom : la Beline. La première représentation a été donnée le 21 février 1987 à la salle communale de Gorgier en seconde partie de la soirée de L’Helvétienne.

Persévérance et ténacité

Les acteurs se sont piqués au jeu et ont décidé de persévérer. Cela fait 25 ans que cela dure ! Trois d’entre eux (Jean-Paul Gaille, Daniel Principi, Sylvianne Schreyer) sont du reste encore actifs aujourd’hui sur scène ou dans les décors. La troupe a continué à jouer en complément a des soirées d’autres sociétés ; elle a également donné des spectacles au profit d’institutions de la Béroche, toujours dans des décors empruntés. Puis elle s’est mise à organiser des soirées purement Beline pour financer la construction de ses propres décors et l’achat de matériel technique. Il importait en outre de renoncer à l’archaïsme des débuts et de se mettre à la page pour devenir une véritable société théâtrale avec tout ce que cela comporte pour arriver à un niveau enviable.

Troupe moderne...

La Beline s’est alors dotée des structures nécessaires. Elle est devenue membre des sociétés locales de Gorgier, de l’Association des sociétés bérochales (ASB) et de la fédération suisse des sociétés théâtrales d’amateurs (FSSTA). Elle a bénéficié des conseils avisés de metteurs en scène compétents et de la collaboration d’une équipe technique maîtrisant parfaitement la construction des décors et l’apport son/lumière. Grâce au précieux soutien de la Loterie romande, elle a acquis un matériel performant. Après avoir répété à la Salle communale de Gorgier et à l’hôtel des Tilleuls, elle a loué à la Commune de Gorgier un local qu’elle a elle-même agencé. Elle y a aménagé une surface pouvant recevoir une ébauche de décor et du mobilier, pour répéter dans les conditions du réel.

...et itinérante

La Beline n’a pas tardé à devenir une troupe itinérante. Pour transporter ses décors, elle a d’abord loué une remorque tractée par un véhicule privé. Plus tard, elle a fait l’acquisition d’un véhicule utilitaire d’occasion. Elle a bien sûr continué à jouer en priorité à Gorgier, ainsi qu’à Saint-aubin. Mais au lieu d’inciter les spectateurs du dehors à venir à la Béroche, elle s’est rendue au devant d’eux dans la plupart des cantons romands. Elle a été appelée à se produire notamment à la Tour-de-Peilz dans le cadre du congrès de la FSSTA (2003), à Crissier au festival de Chisaz (2004) et sur de nombreuses scènes vaudoises à l’invitation de son sponsor principal Giroflex. Elle a acquis ses lettres de noblesse et jouit d’une certaine notoriété dans le canton de Neuchâtel et en romandie.  

— Texte par Pierre-André Huguenin, écrit à l'occasion du 25e anniversaire de La Beline en 2011